LA SCULPTURE DE FRUITS ET LEGUMES (brève histoire)

 

 

 

 

 

C’est un art originaire d’Asie connu en Thaïlande, en Chine, en Corée et au Japon. C’est en Thaïlande qu’il est le plus pratiqué. Pour les thaïs la nourriture doit être un plaisir pour l’oeil et pour le palais. Cela implique un équilibre entre le contraste des saveurs épicées et subtiles, sucrées et salées et l’esthétisme des plats.
Fruits et légumes sont sculptés à l’occasion de la réception d’invités, d’offrandes faites aux moines, des ordinations, des mariages et des funérailles royales. Cet art a de ce fait un caractère spirituel indéniable. Comme les statues de beurre, les mandalas de sable tibétains, c’est une expression de l’impermanence soulignée par le bouddhisme.
L’anecdote la plus ancienne remonte à l’année 1364. L’histoire se passe à Sukhotai, capitale du nouveau royaume thaï qui venait de s’émanciper du joug khmer. Lors de la fête du Loy Krathong (qui a lieu tous les ans à la pleine lune de novembre et qui marque la fin de la mousson et de la récolte du riz), Nang Nopphamat (Thao Sichulalak), première épouse du roi Phra Ruang, avait décoré un krathong avec des fruits et légumes sculptés. Pour cette fête de petites embarcations, figurant une fleur de lotus, sont fabriquées avec des feuilles de bananier. On y dispose de l’encens, des bougies allumées et une pièce de monnaie, puis on les lâche sur les rivières, les fleuves ou la mer pour s’attirer la chance et se nettoyer de ses péchés. Le roi Phra Ruang fut ébloui à la vue du krathong qui avait été décoré de fleurs, de lapins, de cygnes … sculptés sur des fruits et légumes et qui flottait, tel un gros nénuphar. Appréciant l’innovation de son épouse, il décréta que la sculpture sur fruits et légumes appartiendrait désormais au  patrimoine culturel thaïlandais.
Pendant le premier règne de l’ère dite « Bangkok », Sa Majesté, le roi Rama 1er Le Grand organisa une compétition de sculptures sur fruits et légumes lors du Loy Krathong. Des courges furent minutieusement sculptées pour présenter aux moines du riz sucré et les plateaux sur lesquels étaient placés les bols étaient ornés de des fleurs sculptées dans des papayes badigeonnées de colorants naturels.
La sculpture sur fruits et légumes (kae-sa-lak en thaï) était jadis réservée aux femmes de la cour royale et aux cuisiniers attachés à la royauté et à la noblesse. Le Palais Royal devint une université dédiée à cet art alors enseigné aux jeunes filles de la noblesse. De nos jours, il s’est démocratisé.
Cette démocratisation se produisit en 1932 lorsque la Thaïlande devint une monarchie constitutionnelle, pendant le Septième Règne. Une école d’économie domestique fut établie sous la responsabilité du Professeur Yeuan Phanuthat. En 1934, Phraya Sarasatpraphan, le Ministre de l’Éducation, rassembla des professeurs venant de tout le pays et organisa un stage d’une année dans différents arts dont la sculpture sur fruits et légumes faisait partie. Dès lors le « Kae sa lak » se répandit dans les milieux populaires.
La plupart des thaïs possèdent aujourd’hui des rudiments de cet art, mais peu ont l’habileté et l’expérience nécessaires à la maîtrise des techniques les plus sophistiquées. Les sculpteurs les plus talentueux, comme Khoun Yui, jouissent d’une grande estime.

 

 

Ici vous trouverez un lien de WIKIPEDIA

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sculpture_sur_fruits